Un lieutenant de louveterie perçoit-il un salaire ?

par Sarah

Le métier de lieutenant de louveterie intrigue souvent, car il s’agit d’une fonction à la fois ancienne et encore bien présente aujourd’hui. Héritée du Moyen Âge, cette charge existe toujours et joue un rôle important dans la régulation de la faune sauvage. Pourtant, derrière ce titre qui évoque la chasse et la gestion du gibier, beaucoup s’interrogent : est-ce un véritable métier salarié ? Les lieutenants de louveterie perçoivent-ils un revenu régulier ?

Le rôle du lieutenant de louveterie

Le lieutenant de louveterie est un auxiliaire de l’État, placé sous l’autorité du préfet et de l’Office français de la biodiversité (OFB). Sa mission principale est de réguler certaines espèces animales lorsque leur présence provoque des déséquilibres ou des nuisances. Cela concerne notamment les sangliers, les renards ou d’autres animaux susceptibles de causer des dégâts agricoles.

Contrairement à un garde-chasse particulier ou à un agent de l’OFB, le lieutenant de louveterie n’est pas un fonctionnaire. Il exerce ses missions de manière bénévole, souvent en parallèle d’une activité professionnelle principale. Ses interventions consistent à organiser des battues administratives, à conseiller le préfet et à rédiger des rapports sur la gestion de la faune.

Un statut particulier : pas un salarié, mais un auxiliaire bénévole

Contrairement à ce que laisse penser son titre, le lieutenant de louveterie n’occupe pas un poste salarié. Il ne s’agit pas d’un emploi rémunéré par l’État avec un salaire mensuel fixe. C’est une mission bénévole, assurée par des personnes généralement passionnées de chasse et de gestion cynégétique.

Les lieutenants de louveterie sont nommés par arrêté préfectoral pour une durée de cinq ans, renouvelable. Ils doivent prêter serment devant le tribunal judiciaire et respecter un code de déontologie strict. Leur statut est donc celui de bénévoles investis d’une mission de service public, ce qui explique l’absence de rémunération régulière.

Les indemnités et remboursements de frais

Même si la fonction n’est pas rémunérée au sens classique du terme, les lieutenants de louveterie peuvent percevoir certaines compensations. Celles-ci concernent principalement le remboursement de frais liés à leurs interventions.

Lorsqu’ils participent à une battue administrative, ils engagent souvent des dépenses de déplacement, d’équipement ou de logistique. L’État ou la préfecture peut alors rembourser une partie de ces frais, sur présentation de justificatifs. Il ne s’agit pas d’un salaire, mais d’une prise en charge destinée à éviter que le bénévole ne supporte entièrement le coût de ses missions.

Le montant de ces indemnités varie selon les départements et les modalités fixées par l’administration locale. Elles restent modestes et ne peuvent en aucun cas être considérées comme une source de revenu.

Les avantages non financiers de la fonction

Si la fonction n’apporte pas de salaire, elle offre d’autres formes de reconnaissance. Être lieutenant de louveterie, c’est occuper une position honorifique, valorisée au sein du monde de la chasse et de la gestion de la faune. Cette charge confère une légitimité et une autorité particulière dans les discussions liées à la régulation des espèces.

De plus, la fonction permet aux passionnés de nature d’être acteurs dans la préservation des équilibres écologiques et de participer à des missions d’intérêt général. L’aspect honorifique et l’engagement citoyen priment largement sur la recherche d’une rémunération.

Quelles conditions pour devenir lieutenant de louveterie ?

Si le salaire n’existe pas, les conditions d’accès au titre méritent d’être connues. Pour devenir lieutenant de louveterie, il faut :

  • être de nationalité française et jouir de ses droits civiques,
  • être titulaire d’un permis de chasser validé depuis au moins cinq ans,
  • posséder une expérience significative en matière de chasse et de gestion de la faune,
  • présenter une candidature auprès de la préfecture lors des périodes de recrutement.

Après sélection, les candidats suivent une formation spécifique et prêtent serment. Ils doivent ensuite respecter les règles strictes encadrant l’usage de leurs prérogatives.