Incidents en Transnistrie: La France réitère son soutien à la stabilité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Moldavie

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Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’est entretenu  avec Nicu Popescu, vice-Premier ministre, ministre des affaires étrangères et de l’intégration européenne de Moldavie.

Le ministre a fait part à son homologue moldave de sa préoccupation et de sa vigilance à l’égard des incidents survenus ces deux derniers jours en Transnistrie. Il a réitéré dans ce contexte le plein soutien de la France à la stabilité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Moldavie face aux risques de déstabilisation dont elle peut être l’objet.

Le ministre a rappelé que l’appui de la France à la Moldavie, particulièrement exposée aux conséquences de la guerre en Ukraine, se poursuivra de manière déterminée, dans la continuité de la récente visite du ministre à Chisinau et de la Plateforme de soutien à la Moldavie, que la France co-préside aux côtés de l’Allemagne et de la Roumanie. Les deux ministres ont évoqué les enjeux de sécurité énergétique et leur volonté de travailler ensemble pour la renforcer.

La Transnistrie, une région séparatiste prorusse de Moldavie

La Transnistrie est un état indépendant autoproclamé de fait depuis la dislocation de l’URSS en 1991. La Moldavie, l’Organisation des Nations unies et la plupart de ses États membres ne reconnaissent pas cette indépendance et considèrent la Transnistrie comme une région autonome située dans les frontières internationalement reconnues de la Moldavie.

Son territoire, situé rive gauche du Dniestr, couvre 97 % de ce qui est de droit, selon l’Organisation des Nations unies, une région autonome de la Moldavie « Unités administratives territoriales de la rive gauche du Dniestr », en abrégé UTAN), ainsi que la ville et la citadelle de Bender/Tighina sur la rive droite du Dniestr, qui ne font pas partie de l’UTAN.

Il recouvre presque intégralement cinq raions moldaves et la municipalité de Tiraspol. La moitié ouest de l’un de ces cinq raions, celui de Dubăsari, est toutefois sous le contrôle de l’État moldave de Chișinău, alors qu’en revanche la RMD tient la ville et la citadelle de Bender/Tighina sur la rive droite du Dniestr.

Sa capitale est Tiraspol.

Elle n’a de relations diplomatiques qu’avec l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud-Alanie et le Haut-Karabagh2, également non reconnus par l’ONU.

Trafic d’armes en Transnistrie

On estime qu’il existe aujourd’hui environ 20 000 tonnes d’armes en Transnistrie, laissées derrière elle par la 14e armée russe à l’issue de la guerre du Dniestr. L’un des plus gros dépôts d’armes d’Europe se trouverait ainsi notamment dans le village de Cobasna. Ces quantités d’armes alimentent un trafic important, notamment à destination de groupes terroristes. Les ventes d’armes représentent de fait une source majeure de revenus pour l’économie informelle en RMD.

Depuis le début de la guerre du Donbass, en 2014, le contrôle de la frontière entre la Transnistrie et l’Ukraine s’est accru. Jusque-là, les armes, mais aussi l’alcool, les cigarettes et les produits alimentaires de contrebande, circulaient sans entrave ou presque de part et d’autre de la frontière.

La contrebande a ainsi souffert de divers facteurs liés au conflit ukrainien : des postes frontières ont été ouverts, le passage vers l’Ukraine d’hommes en âge de combattre et ayant la nationalité russe a été interdit, et le marché ukrainien a perdu en attractivité

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