Le monde animal regorge de spécialités, et parmi elles, l’herpétologie reste peu connue du grand public. Pourtant, ce domaine passionnant attire de nombreux curieux et futurs scientifiques. L’herpétologiste est un spécialiste des reptiles et des amphibiens : serpents, lézards, tortues, grenouilles, tritons, etc. Il consacre sa carrière à mieux comprendre ces espèces souvent méconnues ou mal aimées, à protéger leur habitat et à enrichir nos connaissances scientifiques. Que fait-il concrètement ? Où travaille-t-il ? Quelle formation faut-il suivre pour exercer ce métier ? Voici une fiche complète pour découvrir le quotidien de ce professionnel de terrain et de laboratoire.
Quelles sont ses missions au quotidien ?
Observation et suivi des populations
Sur le terrain, l’herpétologiste procède à l’identification des espèces présentes dans un milieu naturel. Il organise des campagnes de suivi de population en recensant les reptiles et amphibiens à l’aide de méthodes précises : relevés visuels, enregistrements sonores, pose de pièges, captures ponctuelles. Il suit les variations saisonnières, la répartition géographique ou les comportements spécifiques comme les migrations ou la reproduction. Ces observations sont ensuite consignées et analysées pour alimenter les bases de données scientifiques ou évaluer l’état de conservation des espèces.
Étude de l’écologie et du comportement
En complément des relevés de terrain, l’herpétologiste cherche à mieux comprendre les interactions entre les espèces et leur environnement. Il peut étudier le régime alimentaire, les cycles de vie, les dynamiques de population ou encore les conditions optimales de reproduction. Ce travail s’effectue parfois en conditions naturelles, parfois en milieu contrôlé (terrarium, laboratoire, centre de recherche). Ces recherches permettent notamment d’améliorer les connaissances sur des espèces rares ou menacées, et de proposer des mesures adaptées à leur préservation.
Rédaction, analyse et participation à des projets scientifiques
L’analyse des données collectées est une étape cruciale. L’herpétologiste utilise des logiciels de traitement statistiques ou cartographiques (SIG) pour interpréter les résultats de ses études. Il rédige des rapports d’expertise, des publications scientifiques, ou participe à des programmes de recherche nationaux ou internationaux. Il peut également être sollicité pour des études d’impact environnemental dans le cadre de projets d’aménagement (routes, zones urbaines, éoliennes…), où il évalue les effets sur les espèces sensibles.
Sensibilisation et transmission des connaissances
L’herpétologiste est aussi un acteur de la médiation scientifique. Il peut être amené à intervenir auprès de publics variés : scolaires, visiteurs de musées, professionnels de l’environnement ou collectivités locales. Il anime des formations, participe à des conférences, produit des contenus pédagogiques. Son objectif : changer le regard porté sur les reptiles et amphibiens, souvent victimes de peurs infondées, et rappeler leur rôle écologique dans les écosystèmes.fficiles) et temps d’analyse au bureau ou au laboratoire.
Où travaille un herpétologiste ?
Un herpétologiste peut exercer dans plusieurs types de structures, selon son domaine de spécialisation :
- Instituts de recherche ou laboratoires universitaires (CNRS, INRAE, universités…)
- Associations ou ONG de protection de la nature (comme le WWF, la LPO, ou des associations locales spécialisées)
- Bureaux d’études en environnement, dans le cadre d’études d’impact pour des projets d’aménagement.
- Parcs zoologiques ou aquariums, comme référent scientifique ou soigneur spécialisé.
- Musées d’histoire naturelle, pour de la recherche, de la conservation ou de la médiation.
- Collectivités locales, agences environnementales ou établissements publics.
Il peut aussi travailler à son compte, comme consultant indépendant, intervenant ponctuellement sur des projets de suivi ou d’évaluation écologique.

Quelle formation pour devenir herpétologiste ?
Une formation de base en biologie ou écologie
La première étape consiste à suivre un baccalauréat général à dominante scientifique, puis à s’orienter vers une licence universitaire en biologie, écologie ou sciences de la vie. Ces trois années permettent d’acquérir les bases en zoologie, biologie animale, génétique, écologie des populations et méthodologie scientifique. Durant cette période, il est conseillé de participer à des stages naturalistes, des inventaires de terrain ou des projets associatifs pour enrichir son expérience.
Une spécialisation en master
Pour se rapprocher du métier, il est indispensable de poursuivre en master, dans une filière comme « Écologie, biodiversité, évolution », « Biologie des organismes », ou encore « Gestion de la biodiversité ». Certains parcours permettent de choisir des modules orientés herpétologie, ou de consacrer un mémoire de recherche à une espèce ou une problématique liée aux reptiles et amphibiens. Le master donne également accès aux outils professionnels : modélisation, statistiques, analyse spatiale, etc.
Un doctorat pour les postes de recherche
Les postes en laboratoire, en enseignement supérieur ou en recherche fondamentale nécessitent souvent un doctorat. La thèse, d’une durée de trois ans, permet d’approfondir un sujet de spécialisation pointu, et d’entrer dans un réseau de recherche. Elle est aussi un critère clé de recrutement dans la fonction publique (CNRS, INRAE, universités). Bien que non obligatoire pour tous les métiers liés à l’herpétologie, elle reste un atout considérable pour accéder à des postes à responsabilité ou mener des projets d’envergure.
Quelles compétences et qualités faut-il avoir ?
Le métier d’herpétologiste requiert un intérêt profond pour la nature et les animaux, bien sûr, mais aussi des compétences scientifiques solides. Il faut être capable de :
- Observer et analyser avec rigueur, sur le terrain comme en laboratoire.
- Travailler avec des outils techniques (pièges, GPS, bases de données, logiciels de modélisation).
- Savoir communiquer ses résultats, à l’oral comme à l’écrit.
- Travailler en équipe et collaborer avec d’autres naturalistes, biologistes ou aménageurs.
- Être à l’aise sur le terrain, souvent en milieu isolé ou dans des conditions physiques exigeantes.
Une bonne connaissance des écosystèmes locaux, des espèces présentes et de la réglementation environnementale est également indispensable, notamment pour les herpétologistes intervenant dans des projets d’aménagement ou de conservation.
Quel est le salaire d’un herpétologiste ?
Le salaire varie fortement selon le statut (fonction publique, secteur privé, indépendant, associatif) et le niveau d’expérience.
- Un herpétologiste débutant dans le secteur associatif ou en bureau d’études peut gagner entre 1 800 et 2 200 € brut par mois.
- Dans le public (université, CNRS), un doctorant commence autour de 1 700 € brut, un chercheur confirmé dépasse les 3 000 € brut mensuels.
- En tant qu’indépendant, les revenus sont variables, liés au nombre de missions et aux contrats signés.
Les postes sont assez rares et compétitifs, surtout pour les emplois permanents dans la recherche. Une passion réelle et une spécialisation progressive sont donc souvent nécessaires.