COVID-19 : Une hausse préoccupante de la pauvreté en France

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Destructions d’emplois, pertes de revenus, augmentation de la demande d’aide alimentaire… Les conséquences de la crise sanitaire liées au coronavirus sont considérables et touchent de plus en plus de monde, y compris des proches, des voisins. Des personnes qui, jusqu’à présent, étaient sur le fil… et qui ont basculé dans la précarité, s’inquiète la Croix-Rouge française.

De nouveaux publics poussés à demander l’aide des associations

Cette hausse de la précarité se traduit par une augmentation des besoins. Selon les données fournis par la Croix-Rouge française, il s’agit d’une augmentation de 40 à 45 % des demandes. Fait important, plus de 90 % de ses structures d’aide alimentaire observent l’arrivée de nouveaux publics, principalement des chômeurs (+64 %), des travailleurs intérimaires ou des travailleurs pauvres (+63 %), des retraités (+37 %), des personnes en situation de grande exclusion (+40 %), des étudiants (+23 %) ou encore des travailleurs indépendants et commerçants (+23 %).

Par ailleurs, 76 % des personnes rencontrées lors des maraudes n’étaient pas référencées par les Services intégrés de l’accueil et de l’orientation (SIAO) et plus de 50 % de celles qui ont sollicité l’aide alimentaire l’ont fait pour la première fois : il s’agit donc pour la plupart de nouveaux publics, tombés dans la précarité en raison de la crise.

Une hausse préoccupante de la pauvreté

En France, plus de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et plus de 8 millions se trouvent en situation de précarité alimentaire. Publié fin septembre par le Secours populaire, le dernier baromètre de la pauvreté apporte un éclairage sur l’évolution de la précarité en 2020 : selon ce sondage réalisé par l’institut Ipsos, un Français sur trois (33 %) a subi une perte de revenus depuis le confinement, même si les dispositifs d’activité partielle et d’arrêts de travail pour garde d’enfants ont servi d’amortisseurs.

Pour 16 %, cette perte est même qualifiée d’importante. C’est le cas d’un tiers des ouvriers et de près d’un quart des personnes au bas de l’échelle des revenus (moins de 1 200 euros nets par mois). De son côté, l’Insee constate dans une enquête publiée le 14 octobre que le premier confinement de la population (du 17 mars au 11 mai 2020) a entraîné l’appauvrissement d’un quart des ménages, d’autant plus fortement que leur niveau de vie était initialement bas.

Autrement dit, même s’il existe des disparités, de nombreuses familles ont été plombées par la crise, du jour au lendemain. Une situation critique qui est loin d’être derrière nous : 900 000 chômeurs supplémentaires sont attendus par l’Unedic en 2020.

La Croix-Rouge française renforce ses dispositifs

« Familles avec enfants en situation de précarité, travailleurs précaires, saisonniers ou intérimaires, retraités et étudiants… Effectivement, on observe l’arrivée de nouvelles personnes pour des demandes d’aide relatives aux besoins fondamentaux, comme l’accès à l’alimentation, à l’hébergement ou à l’hygiène », confirme Thierry Couvert-Leroy, délégué national Enfants & Familles et délégué national Lutte contre les exclusions à la Croix-Rouge française.

« Pour faire face à la diversité des situations, nous avons adapté et renforcé tous nos dispositifs de terrain : distributions alimentaires, maraudes, accueil dans les espaces bébés-parents (EBP), équipes mobiles sanitaires et sociales, centres d’hébergement d’urgence (CHU), plateforme Croix-Rouge chez vous (CRCV), ou encore accompagnement pour l’accès au logement, à l’eau et à l’hygiène », ajoute Thierry Couvert-Leroy.

Il faut en effet agir vite. Objectifs : limiter les dommages et éviter que la crise sociale ne se transforme en crise humanitaire.

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